Résumé

(février 2014) Les services de planification familiale fournissent un large éventail d’avantages sanitaires et socioéconomiques auprès des femmes, des hommes et de leurs familles. Pourtant, de nombreux obstacles empêchent les femmes d’utiliser la contraception. En dépit des efforts visant à accroître la sensibilisation et à améliorer l’accès à ces services de planification familiale, les besoins non satisfaits en planification familiale et les grossesses non désirées demeurent élevés dans les pays à revenus faibles et moyens. Ceci laisse penser que d’autres facteurs peuvent contribuer à l’utilisation de la contraception. Un de ces facteurs est lié à la prise de décision concernant la fécondité au sein du ménage. Des désaccords entre mari et femme concernant la planification familiale peuvent précisément influencer les décisions relatives à l’utilisation de la contraception. Les sources fréquentes de désaccords entre partenaires comprennent :

  • Les préférences quant au choix de recourir à la planification familiale ou non.
  • Le type de méthode contraceptive à utiliser.
  • Les divergences par rapport à la taille idéale de la famille.

Lorsque les époux expriment des préférences et attitudes différentes à l’égard de la planification familiale, on peut penser que beaucoup de femmes puissent ne pas utiliser des contraceptifs modernes car leurs partenaires désapprouvent de tells méthodes. Ou, encore, qu’elles puissent bénéficier de services de planification familiale secrètement et utiliser des méthodes de contraception dissimulables. Pour un couple, l’utilisation secrete des contraceptifs comporte des inconvénients qui peuvent l’emporter ou non sur les avantages de la planification familiale pour les femmes. L’utilisation cachée des méthodes de contraception peut causer une défiance au sein du couple, bien qu’elle puisse également améliorer le bien-être des femmes et de leurs enfants en augmentant, par exemple, le laps de temps entre chaque naissance. L’utilisation de la contraception en secret ou la renonciation totale à son utilisation, peuvent détourner l’attention des accords établis par les couples pour l’espacement de leurs naissances et la limitation de la taille de leur famille, en ayant pour conséquence que les couples aient plus d’enfants ou qu’ils en aient plus fréquemment que ce que l’un ou l’autre souhaite.

Cet article présente les résultats et les implications pour les politiques tirés d’une étude conduite par Nava Ashraf, Erica Field et Jean Lee. Celles-ci ont examiné le rôle de l’époux dans la prise de décision relative à la planification familiale et elles ont présenté des données empiriques selon lesquelles le comportement des couples à l’égard des decisions sur l’utilisation de la contraception aboutissait à des résultats loin d’être parfaits en matière de fécondité. L’étude a réparti de manière aléatoire les individus dans trois groupes : les personnes choisies pour recevoir un bon leur accordant un accès immédiat et gratuit à une gamme de méthodes contraceptives, y compris les contraceptifs dissimulables comme les implants ou les injectables, en présence de leurs époux (traitement de couple) ; les femmes choisies pour recevoir le même bon, sauf que dans ce cas-là, c’était en privé (traitement individuel) ; et les femmes qui n’ont pas obtenu de bon (groupe de contrôle).