Résumé

(février 2014) Le Rwanda affronte des difficultés de développement en raison de plusieurs facteurs : le faible revenu par habitant, les conséquences des bouleversements sociaux et politiques survenus dans les années 1990, et une forte densité de population. La faible utilisation de la contraception et les taux élevés de fécondité parmi les femmes rwandaises contribuent à la croissance de la population du pays ainsi qu’à une forte densité démographique. Ces facteurs exercent une pression sur les ressources économiques et naturelles et contribuent potentiellement aux tensions ethniques telles que celles qui ont conduit au génocide de 1994 et pendant lequel près d’un million de Rwandais ont été tués. Aussi récemment qu’en 2005, seule une femme mariée sur 10 utilisait une méthode de contraception moderne ; et en 1983, alors que le taux de fécondité du pays était à son niveau le plus haut, les femmes rwandaises pouvaient s’attendre à avoir en moyenne 8,5 enfants pendant leur vie reproductive.

Les programmes de planification familiale peuvent faire baisser la fécondité et ralentir la croissance démographique. Au Rwanda, l’utilisation de la contraception a augmenté ces dernières années, tandis que les taux de fécondité ont baissé rapidement. Entre 2005 et 2010, le Rwanda a connu une des chutes les plus rapides qui aient été observées dans l’histoire des Enquêtes démographiques et de santé (EDS), à un rythme de 25 pourcent. Ces changements peuvent être attribués au leadership et à l’engagement renouvelé du gouvernement rwandais en faveur de la planification familiale, et aussi à ses objectifs ambitieux en matière de réduction de la fécondité et d’utilisation de la contraception, tels qu’ils ont été présentés en 2008 dans la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté.

Dans les années 2000, les politiques nationales rwandaises en matière de population ont également promu l’emploi et l’éducation surtout pour les filles. Parmi les jeunes femmes, l’augmentation de l’accès à l’éducation parallèlement à l’amélioration du niveau de vie au sein des ménages ont contribué à la reduction de la fécondité durant les années 2000.

L’augmentation de l’utilisation de la contraception a été facilitée par la décentralisation du système de soins de santé, l’augmentation du nombre de centres de santé et d’hôpitaux privés, la proximité des services vis-à-vis des clients et l’intégration de la planification familiale dans l’ensemble des services de santé. Les programmes mis en oeuvre par le gouvernement, tels que le financement fondé sur la performance, incitent également les dispensaires à prendre en charge advantage de clients, car le financement supplémentaire est alloué selon le nombre de clients. Malgré cette progression constatée en 2010, seules 45 pourcent des femmes rwandaises mariées utilisaient des méthodes de contraception modernes, tandis que près de 20 pourcent decelles qui souhaitaient limiter ou espacer leurs grossesses n’utilisaient pas de contraception. Ces chiffres montrent que l’on peut faire davantage pour atteindre les objectifs de planification familiale exposés dans les politiques gouvernementales récentes.

Un article publié en 2009 par Dieudonné Muhoza Ndaruhuye et ses collègues donne un apercu des facteurs liés à l’utilisation de la planification familiale par les Rwandais et les dynamiques de la population nationale. En utilisant les données de l’EDS 2005 du Rwanda, les auteurs ont examiné quatre explications possibles des besoins non satisfaits et de la demande pour la planification familiale chez les femmes en âge de procréer vivant avec un partenaire : les caractéristiques des femmes, celles de leurs partenaires, l’exposition des femmes aux informations relatives à la planification familiale, et les attitudes des femmes et les comportements présumés de leurs partenaires à l’égard de la contraception. La discussion qui suit offre une synthèse des résultats présentés dans cet article.