Résumé

(janvier 2015) Au regard des questions de population et de santé reproductive, l’Afrique de l’Ouest est récemment devenue une priorité dans le contexte plus large du continent sub-saharien. Les pays d’Afrique de l’Ouest se caractérisent par leurs très lentes transitions démographiques et de fécondité, ce qui provoque une croissance très rapide de la population. Il en résulte des défis importants pour les perspectives de développement de ces pays, puisqu’ils ont entre autre besoin de construire et/ ou de renforcer leur capital humain (par exemple l’éducation et la santé).

Ce rapport est le document de base qui a servi pour la réunion du groupe d’étude sur la Recherche en Population et Développement concernant l’Afrique de l’Ouest, réunion qui s’est tenue au Center for Global Development (CGD) à Washington DC, le 12 décembre 2012 ; les principales conclusions du document furent approuvées lors de cette rencontre. L’idée maîtresse de ce rapport est que l’accélération de la transition démographique et en particulier, l’accélération du déclin de la fécondité, est nécessaire pour permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest d’accomplir leurs objectifs de développement socioéconomique. Un tel déclin de la fécondité permettrait une transformation de la structure par âge, avec une augmentation des personnes actives et une diminution des dépendants par rapport à la population totale. Si le déclin de la fécondité se produit rapidement, et si on adopte également des politiques économiques et sociales adéquates, il est possible que les pays d’Afrique de l’Ouest puissent être en mesure de tirer parti d’un dividende démographique. Cependant, pour permettre à la région de s’engager dans cette voie, il faut remettre à jour un agenda de recherche en population et développement. Cet agenda devrait se concentrer sur la mobilisation des efforts multisectoriels en vue de compléter les interventions d’offre de planification familiale avec des mesures de création de la demande destinées à faire baisser les niveaux de la fécondité désirée. Cet agenda de recherche devra également se préoccuper des engagements des concepteurs de politique, d’améliorer la coordination des donateurs, et de tenir compte des conséquences programmatiques des droits sexuels et reproductifs.


John F. May est un Chercheur invité au Population Reference Bureau (PRB). Kate McQueston était au Center for Global Development.