(Juillet 2010) Environ 100 à 140 millions de filles et de femmes ont subi une mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) à l’échelle mondiale et plus de 3 millions de filles encourent le risque d’en subir une chaque année en Afrique.

On pratique la MGF/E en général chez les filles de 4 à 12 ans, bien que dans certaines cultures, elle se pratique dès les premiers jours suivant la naissance ou juste avant le mariage. Les exciseurs traditionnels sont habituellement chargés de cette procédure mais une tendance décourageante a récemment émergé dans certains pays où des professionnels de la médecine offrent de plus en plus fréquemment leurs services.

La MGF/E pose de graves risques pour la santé physique et mentale des femmes et des jeunes filles, surtout parmi les femmes qui ont subi des formes extrêmes de la procédure. Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé datant de 2006, la MGF/E peut être liée à des complications accrues lors de l’accouchement et même provoqué des morts maternelles. D’autres effets secondaires incluent de graves douleurs, l’hémorragie, le tétanos, l’infection, la stérilité, des kystes et abcès, l’incontinence urinaire et des problèmes psychologiques et sexuels.

La MGF/E se pratique dans au moins 28 pays d’Afrique et dans quelques-uns en Asie et au Moyen-Orient. Elle se pratique à tous les niveaux d’éducation, dans toutes les classes sociales et parmi de nombreux groupes religieux (musulmans, chrétiens et animistes), bien qu’aucune religion ne l’exige. Les données pour 27 pays africains sont disponibles sur la nouvelle fiche murale du PRB, La Mutilation Génitale Féminine/Excision : Mise à Jour des Données et Tendances pour 2010. La prévalence de la MGF/E varie de façon notable d’un pays à l’autre, allant de presque 98 pour cent en Somalie à moins d’un pour cent en Ouganda. On note aussi des variations notables parmi les régions géographiques et entre les zones rurales ou urbaines au sein de nombreux pays. Dans la plupart des pays, y compris l’Ethiopie, le Liberia et le Kenya, la pratique de la MGF/E est plus commune dans les zones rurales. Mais l’inverse est vrai dans certains pays, y compris au Nigéria.

Depuis le début des années 1990, les gouvernements africains, la communauté internationale, les organisations de femmes et les associations professionnelles considèrent de plus en plus la MGF/E comme une question relevant des droits de l’homme et du domaine de la santé. Les efforts nationaux et mondiaux pour mettre fin à la MGF/E ont soutenu le passage de lois qui ciblent les exciseurs, les professionnels de la santé et les familles continuant cette pratique mais la volonté politique et l’application demeurent des sujets polémiques. Des 27 pays figurant sur notre fiche murale, 17 ont des lois interdisant spécifiquement la MGF/E.

Certaines des données collectées durant ces dernières années sont encourageantes pour ceux qui œuvrent en faveur de l’abandon de la MGF/E car les tendances sont à la baisse parmi les filles âgées de 15 à 19 ans. Ainsi, bien que la MGF/E soit largement pratiquée en Egypte, de nouveaux résultats de sondages indiquent que la pratique est peut-être en diminution. L’Enquête Démographique et de Santé menée en Egypte en 2008 indique que le taux de prévalence a baissé de 81 pour cent parmi les filles âgées de 15 à 19 ans – il était de 96 pour cent en 2005. Etant donné que l’intervention a généralement lieu en Egypte avant l’âge de 15 ans et que le gouvernement a interdit cette pratique, les résultats sont encourageants.


Charlotte Feldman-Jacobs est directrice du programme Genre au Population Reference Bureau. Donna Clifton est une assistante de programme pour les Programmes Internationaux au PRB.