(Octobre 2009) La planification familiale est l’une des interventions de santé les plus efficaces dans le monde en développement. Depuis plusieurs décennies, la recherche montre que, moyennant un investissement relativement modeste, la planification familiale sauve des vies et améliore la santé des mères et des enfants. S’il semble aller de soi qu’un tel investissement pourrait également sortir les familles de la misère en aidant les femmes pauvres à avoir moins d’enfants, rares sont les études à démontrer cette relation. Jusqu’à aujourd’hui : une nouvelle étude menée au Bangladesh prouve en effet qu’un investissement à long terme dans un programme intégré de planification familiale et de santé maternelle et infantile contribue à accroître la sécurité économique des familles, des ménages et des communautés en leur permettant d’obtenir des revenus plus importants, d’accumuler davantage de richesses et d’atteindre des niveaux d’éducation plus élevés. Ces mêmes preuves signifient donc que la planification familiale et les services de protection de la santé maternelle et infantile contribuent à la réduction de la pauvreté, premier but à atteindre sur la liste des Objectifs du millénaire pour le développement.

Le présent article se base principalement sur les travaux de Shareen Joshi et T. Paul Schultz, qui ont utilisé l’étude sanitaire et socio-économique réalisée à Matlab en 1996, ainsi que les données des recensements de 1974, 1978, et 1982 pour considérer les effets d’un investissement à long terme dans le programme de planification familiale et de santé maternelle et infantile à Matlab, au Bangladesh. Les conclusions de leurs travaux montrent que les familles vivant dans les communautés où le programme avait été mis en place se sont enrichies et ont amélioré leur état de santé par rapport aux familles vivant dans des communautés plus ou moins semblables au début du programme Matlab. Les auteurs vont d’ailleurs publier une série d’articles sur les avantages à long terme du programme Matlab. Il convient également de mentionner Vincent Fauveau et Ruth Levine comme autres sources importantes pour le présent article.


James Gribble est vice-président du département Programmes internationaux au PRB. Maj-Lis Voss est directrice chez NorthSouth Group.

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