(Janvier 2010) La logique de l’intégration des services de planification familiale/santé génésique (PF/RH) et de prévention/traitement du VIH, en particulier dans les contextes à forte séroprévalence est évidente depuis longtemps. Les personnes sexuellement actives risquent tant des grossesses non souhaitées qu’une infection au VIH. L’intégration de ces deux séries de services permet d’assurer les résultats sanitaires escomptés, à savoir empêcher de nouvelles infections au VIH et éviter des grossesses non souhaitées. Des années d’expérience dans les centres de santé génésique ont prouvé que plus les services sont d’accès facile, plus ils sont utilisés. Les visites aux centres de santé représentent un coût tant pour les clientes que les systèmes de santé, et l’utilisation optimale de ces visites peut se traduire par des avantages considérables pour la prestation de services et l’efficacité des opérations des programmes.

L’un des principaux défis à l’intégration des services de PF et de prévention et traitement du VIH est la creation d’une volonté politique de combiner des programmes jusqu’ici séparés aux plans physique, financier et de gestion.1

 Une fois que les décideurs politiques comprennent les avantages de l’intégration des services de PF et de prévention et traitement du VIH et les bénéfices qui peuvent en découler, ils sont plus susceptibles d’appuyer ces efforts.

Le présent dossier met en évidence la justification politique et programmatique de l’intégration des services, et décrit les enseignements tirés du succès des strategies d’intégration en Ethiopie, au Kenya, au Lesotho et en Ouganda.2 Il exhorte en outre les décideurs politiques et les responsables des programmes à offrir de manière courante des services intégrés.

Études établissant les avantages financiers de l’intégration des services de PF et de prévention/ traitement du VIH3

  • Une étude multi-pays a révélé qu’au niveau national, le montant minimum des économies réalisables en évitant les naissances non souhaitées de bébés séropositifs par l’adjonction de services de PF services représenterait de $26 000 au Vietnam à $2,2 millions en Afrique du Sud. Ces variations sont le reflet des différents niveaux de séroprévalence et de l’ampleur des besoins non satisfaits en services de PF.
  • Une étude des coûts effectuée en Inde sur l’intégration des services séparés de SG et de conseil et de dépistage du VIH a révélé que la fourniture de services integers permettait de réaliser un modeste bénéfice net (les recettes du programme dépasseraient ses coûts), d’accroître le volume des services assurés et de renforcer la viabilité financière.
  • Dans l’environnement à forte séroprévalence de l’Afrique du Sud, une étude a découvert que lorsque les prestataires ont le temps de proposer des services supplémentaires, il est plus rentable d’intégrer la les services de conseil et de dépistage du VIH dans les centre de PF que de mettre sur pied des centres indépendants.

Avantages de l’intégration des services de PF/VIH pour les programmes et pour les clientes

  • Maximisation de l’utilisation productive de ressources limitées.
  • Renforcement de la prévention des nouvelles infections par le VIH, surtout chez les jeunes et les jeunes enfants.
  • Amélioration de l’accès et de la qualité des services de VIH/PF/SG pour répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH.
  • Soutien accru à la double protection contre les grossesses non désirées et la maladie.
  • Réduction de l’ostracisme et de la discrimination.
  • Amélioration de la couverture des principales populations et des zones à forte séroprévalence.
  • Réduction du fardeau des soins pour les particuliers.
  • Amélioration de l’implication et de la participation de la communauté.

Karin Ringheim est principal conseiller en politique au PRB. Marissa Yeakey est analyste de politique au PRB. James Gribble est vice-président des Programmes internationaux au PRB.


Références

  1. Marge Berer, “HIV/AIDS, Sexual and Reproductive Health: Intersections and Implications for National Programmes,” Health Policy and Planning 19, supplément 1 (2004) : 62-70.
  2. UN Millennium Project, Public Choices, Private Decisions: Sexual and Reproductive Health and the Millennium Development Goals (New York : Nations Unies, 2006).
  3. Rose Wilcher et al., “From Effectiveness to Impact: Contraception as an HIV Prevention Intervention,” Sexually transmitted infections 84, supplément (2008) : 1154-60 ; Rumeli Das et al., Strengthening Financial Sustainability Through Integration of VCT and Other SG Services (Washington DC: Population Council, 2007) ; et Rick Homan et al., “Cost of Introducing Two Different Models of Integrating VCT for VIH Within Family Planning Clinics in South Africa,” exposé à l’occasion de la Conférence internationale sur les liens entre la santé génésique, la planification familiale et les programmes de lutte contre le VIH-Sida en Afrique, 9-10 octobre 2006, Addis-Abeba (Ethiopie).