• Ce rapport est disponible en anglais.

(Mars 2005) Il y a 10 ans, les gouvernements et les militants des droits des femmes se rassemblaient à Beijing lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes pour lancer un appel à la promotion et l’autonomie des femmes et des fillettes. Depuis la conférence, la collecte de données sur les femmes, particulièrement en matière de santé, d’éducation et de statut économique et politique, constitue la partie essentielle des efforts mis en œuvre pour suivre les progrès réalisés envers le plan d’action de Beijing.

Afin de participer à ces efforts de suivi, la quatrième édition de la fiche de données, Les femmes de notre monde 2005, publiée par le Population Reference Bureau depuis 1995, donne des estimations révisées sur la situation des femmes et sur les progrès réalisés en matière de santé reproductive, d’éducation, de travail et de leadership politique.

Les représentants des gouvernements nationaux ainsi que les groupes de revendication qui se réuniront ce mois-ci à New York pour faire le bilan des progrès accomplis depuis Beijing, ont lieu de se réjouir mais aussi de s’inquiéter. Si l’on considère l’aspect positif de la question et selon un certain nombre d’indicateurs communs, les femmes et les fillettes des pays en développement ont enregistré des acquis importants au cours des dix dernières années :

  • la scolarisation des fillettes a nettement augmenté dans la plupart des pays en développement et les taux de scolarisation au niveau secondaire représentent maintenant 90 % de ceux des garçons ;
  • l’utilisation de méthodes modernes de contraception a augmenté régulièrement et la fécondité a baissé dans tous les pays en développement, à l’exception de quelques-uns ;
  • la proportion des femmes travaillant dans un milieu non-agricole a augmenté faiblement dans les pays où des données sont disponibles ; et
  • la proportion des femmes élues aux sièges parlementaires nationaux a également augmenté à travers le monde, bien que cette proportion reste assez faible.

Les progrès réalisés en matière de scolarisation sont remarquables. Ce qui montre que, dans l’ensemble, les gouvernements ont mis en place des politiques mesurées pour améliorer la situation des fillettes. Une éducation plus poussée pour ces fillettes aura des conséquences positives pour les économies nationales et les sociétés. Les fillettes qui continuent leurs études ont tendance à se marier et à avoir des enfants plus tard. Elles arrivent aussi sur le marché du travail avec plus de compétences.

Cependant, les femmes du monde entier font toujours face à des handicaps économiques et sociaux par rapport aux hommes. Ces inégalités sont encore plus prononcées dans les pays très pauvres :

  • l’alphabétisation des fillettes et leur éducation traîne derrière celles des garçons dans la majeure partie de l’Afrique sub-saharienne et la procréation y commence tôt ;
  • les femmes occupent moins de 20 % des sièges parlementaires nationaux dans le monde, y compris dans les pays plus développés ;
  • les décès liés aux grossesses et accouchements, qui sont de manière notoire difficiles à estimer, ne montrent aucun signe de recul dans les pays pauvres ; et
  • les femmes représentent plus de la moitié des adultes infectés par le VIH/sida en Afrique sub-saharienne et certains pays des Caraïbes, où le sida est transmis dans la plupart des cas parle contact hétérosexuel.

La fiche de données, Les femmes de notre monde 2005, fournit un bilan de la situation des femmes en utilisant des critères pouvant être mesurés facilement. Les statistiques ne traitent pas de tous les aspects de la situation des femmes vis-à-vis des hommes. De plus, les données ne traitent pas d’autres sujets tels que l’exploitation, les mauvais traitements et la violence faite aux femmes, des questions certainement difficiles à aborder lorsque les délégués se rassembleront pour évaluer les progrès réalisés envers le plan d’action de Beijing. L’élimination de toute forme de discrimination est essentielle pour accroître la contribution des femmes au développement économique et social.


Lori S. Ashford est directrice technique des politiques de l’information au PRB.