Changement démographique radical

(Février 2003) Lors du recensement du 1er avril 1999, la population du Vietnam dépassait tout juste le cap des 76 millions d’habitants, ce qui en faisait le 13e pays le plus peuplé du monde. Entre 1979 et 1999, près de 24 millions de personnes sont venues s’ajouter à la population du pays. Mais en dépit de cette augmentation de plus d’un million de personnes par an, le taux de croissance démographique du Vietnam enregistre un ralentissement des plus remarquables. À la fin des années 1990, le taux de croissance avait atteint son point le plus faible depuis la réunification du Nord et du Sud en 1975 : 1,4 % par an en l’année 2000.

Entre 1979 et 1989, la population du pays a augmenté de 22,7 %, mais entre 1989 et 1999, la population n’a augmenté que de 18,5 %, la raison principale étant le désir de plus en plus marqué de nombreux couples de limiter à deux le nombre de leurs enfants.

Pendant les années 1990, le Vietnam a enregistré une baisse marquée de son taux de croissance démographique, passant de près de 2 % au début de la décennie à 1,4 % en 2000. Pour saisir l’importance de ce changement, il convient de considérer le taux de croissance démographique en terme de “temps de doublement”. Avec un taux de croissance continu de 2 %, la population doublerait en 35 ans, mais avec un taux de 1,4 %, ce doublement prendrait 50 ans. Étant donné le déclin constant du taux de natalité du pays, il est très probable que l’abaissement du taux de croissance démographique va se poursuivre au cours des années à venir.

En 1979, la pyramide de la population vietnamienne par d’âge et par sexe présentait la large base typique d’un pays ayant un taux de reproduction historique élevé. Les trois barres principales à la base de la pyramide, qui correspondent aux groupes d’âge les plus jeunes, de 0 à 14 ans, représentaient 43 % de la population, ce qui constitue une composition par âge très jeune. Environ 20 ans plus tard, cette proportion était descendue à 32 %, soit une population toujours comparativement jeune. Une caractéristique très frappante de la structure par âge du Vietnam en 2000 est le fait que les deux barres les plus “jeunes” soient plus petites que celles qui se trouvent immédiatement au-dessus. En conséquence, la pyramide d’âge est une confirmation pratiquement certaine du ralentissement de la croissance démographique pour l’avenir, à mesure que ces jeunes gens passent aux stades supérieurs de la pyramide et réduisent le nombre de parents potentiels.


Figure 1
Composition démographique par âge et par sexe, Vietnam 2000

Source : Ministère de la Santé, Health statistical yearbook 2000.


La densité de population a toujours été un sujet de préoccupation au Vietnam, en particulier dans la région du delta du fleuve Rouge (dans le nord-est du pays) qui est de loin la région à plus forte densité de population avec 1.136 personnes au kilomètre carré en 1999. Au cours des dix dernières années, la densité de population nationale a augmenté de 37 personnes au kilomètre carré. Ces chiffres font du Vietnam l’un des pays à plus forte densité de population de l’Asie du Sud-Est et du monde.

La baisse de la fécondité est l’un des principaux changements démographiques des dernières années. L’indice synthétique de fécondité (ISF), soit le nombre moyen d’enfants par femme en fonction des taux de natalité en vigueur, était tombé à 2,3 en 1999. Ce niveau correspond pratiquement au taux de “remplacement” de chaque couple, de sorte que le taux de croissance démographique finit par arriver à zéro. L’impact radical de cette réduction est évident lorsque nous comparons l’ISF actuel à celui de 1979 : près de 5 enfants par femme.

En dépit de la faiblesse des taux de natalité actuels, des disparités considérables existent toujours d’une région à l’autre du pays. La fécondité dans la région du delta du fleuve Rouge et dans le sud-est est la plus faible du pays, en partie du fait de la présence des deux plus grandes villes du Vietnam, Hanoi et Ho Chi Minh Ville. Les taux de natalité sont pratiquement toujours plus faibles dans les régions urbaines que dans les régions rurales. C’est dans les zones montagneuses que la fécondité demeure la plus élevée, en particulier dans la région des plateaux et dans le nord-est du pays.

Les rapports de dépendance correspondent au nombre d’enfants (âgés de 0 à 14 ans) ou au nombre de personnes âgées dépassant l’âge normal de la retraite (défini ici à 60 ans) pour 1.000 personnes en âge de travailler (15 à 59 ans). Le nombre d’enfants et de personnes âgées peut être combiné en un seul rapport de dépendance – le rapport de personnes âgées et enfants à charge. Au Vietnam, le nombre d’enfants pour 1.000 personnes de 15 à 59 ans (le rapport d’enfants à charge) est en baisse régulière depuis 1979, comme le laisse présager le déclin du taux de natalité. Le nombre de personnes âgées pour 1.000 personnes de 15 à 59 ans (soit le rapport de personnes âgées à charge) est resté stable depuis 1979, mais d’après les projections, il passera de 14 en 1999 à presque 17 d’ici 2024.

Améliorations de la santé et défis y afférents

L’un des principaux indicateurs de l’état de santé général, l’espérance de vie à la naissance, a maintenant atteint un niveau élevé au Vietnam. L’espérance de vie d’un nouveau-né du sexe féminin est de 70 ans environ, ce qui place le Vietnam au même niveau que d’autres pays de l’Asie du Sud-Est, tels que l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. De manière assez surprenante, les estimations du recensement suggèrent une augmentation plus rapide pendant les années 1990 pour les garçons, dont l’espérance de vie a augmenté de 3,5 ans en une décennie.

Au cours des années 1990, le taux de mortalité infantile a régulièrement baissé – de 44,5 décès d’enfants de moins d’un an pour 1.000 naissances vivantes en 1989 à 36,7 en 1999. L’amélioration la plus remarquable se situe au niveau des zones urbaines, où la mortalité infantile a diminué de près de moitié entre le recensement de 1989 et celui de 1999. Le plus grand problème pour la réduction de la mortalité infantile se pose dans les zones rurales, où il n’a diminué que de 7 % pendant la même période.

Les taux de mortalité infantile varient d’une région à l’autre du pays. Dans Les grandes villes, comme Hanoi et Ho Chi Minh Ville, ces taux sont faibles, proches de ceux de certains pays européens. Mais dans certaines provinces, en particulier celles où vivent des minorités ethniques, les taux de mortalité infantile sont parmi les plus élevés au monde. Ceci peut être attribué en partie aux difficultés d’accès aux services de soins en raison du terrain accidenté et aux familles plus nombreuses.

Les taux de vaccination constituent souvent de bons indicateurs de la santé des jeunes enfants et le Vietnam a réalisé des progrès réguliers dans ce secteur. Trois enfants sur quatre âgés de 10 ans ou moins ont été vaccinés contre la polio, la rougeole, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la tuberculose. Les taux de couverture vaccinale ont augmenté de près de 50 % entre 1993 et 1998. Bien que la prévalence du VIH/SIDA au Vietnam soit relativement modeste par rapport à bien d’autres pays en développement, la situation est en train de changer rapidement. Le premier cas officiellement déclaré de VIH/SIDA remonte à 1991. En 2001, le nombre de personnes infectées avait atteint 43.000, avec 3.560 décès environ. Encore plus troublant est le nombre croissant de nouvelles infections déclarées chaque année. En 1999, il y avait environ 22.816 personnes infectées par le VIH/SIDA, par rapport à moins de 4.000 en 1995. Selon des données alarmantes obtenues pour 2001, le nombre de personnes infectées a pratiquement doublé par rapport à 1999. Le VIH/SIDA constitue maintenant une crise sanitaire nationale grave – et en propagation rapide. La situation est encore plus tragique lorsque l’on considère que dans de nombreux pays, le nombre réel de cas est sans doute nettement supérieur aux données déclarées.


Figure 2
Nombre de cas de VIH/SIDA déclarés au Vietnam, 1991-2001

Source : Enquête démographique et de santé de 1997.


Amélioration des taux d’éducation, réduction des taux de pauvreté

Globalement, plus de 9 adultes sur 10 n’ont aucun diplôme ou titre, bien qu’une légère amélioration ait été enregistrée depuis le recensement de 1989. Ce pourcentage, qui était de 92,7 % en 1989, a enregistré une légère diminution et représentait 91,5 % des adultes en 1999. Pour les personnes diplômées, l’augmentation la plus importante a été relevée parmi les titulaires d’une licence ou d’une formation supérieure, dont le nombre est passé de 1,8 % à 3 % de la population. Ces progrès doivent être poursuivis pour que le Vietnam atteigne ses objectifs de développement et participe davantage au commerce et aux échanges mondiaux.

La croissance économique s’est maintenue à un taux très élevé pendant toute la décennie de 1990. Avec le taux de croissance annuel actuel d’environ 7 %, la production économique du Vietnam doublerait tous les 10 ans. De 1991 à 2000, le produit intérieur brut moyen par habitant est passé de 2.076.576 VND (135 $US) à 3.531.661 VND (229 $US) (aux prix constants de 1994), une augmentation considérable sur une période de neuf ans qui semble indiquer une amélioration continue des niveaux de vie au Vietnam.

Une conséquence probable de la croissance économique est la diminution rapide, pendant les années 1990, de la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. (Le seuil de pauvreté était de 1.789.871 VND (116 $US) en 1998.) Cette réduction a été relevée dans toutes les régions du pays, mais elle est particulièrement spectaculaire dans le sud-est du pays, où le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté a reculé de 32,7 % en 1993 à 7,6 % en 1998. Cette diminution de la pauvreté peut constituer une autre indication du fait que le développement économique du pays est en bonne voie.

Importance des taux d’avortement en dépit des approvisionnements en contraceptifs

Le déclin de la fécondité au Vietnam est évident dans la majorité des groupes de femmes en âge d’avoir des enfants. Il est particulièrement important chez le groupe plus âgé des femmes en âge de procréer, ce qui est souvent le cas en période de déclin des taux de natalité. Cependant, chez les femmes les plus jeunes, les changements enregistrés pour les taux de grossesse par comparaison restent nettement plus discrets.

La santé reproductive des femmes dépend de nombreux facteurs, notamment l’âge auquel elles commencent à avoir des enfants. Dans le pays, la plupart des grossesses se situent dans le contexte de mariages officiels et rares sont les Vietnamiennes qui se marient avant d’avoir bien dépassé vingt ans. En réalité, la moitié seulement des femmes se marient avant 25 ans. Ce profil de l’âge du mariage est resté constant au cours des dernières années.

L’utilisation de la contraception a régulièrement augmenté au Vietnam depuis la fin des années 1980, comme l’indiquent clairement les Enquêtes démographiques et de santé (EDS) de 1988 et 1997. Près des trois quarts des femmes ont recours à un système de planification familiale et près de 6 sur 10 utilisent une méthode moderne de contraception (telle que la pilule, le DIU, la stérilisation ou le préservatif).

Suivant l’EDS de 1997, près de 70 % des femmes utilisant une méthode moderne de contraception ont déclaré se servir du DIU. Ce chiffre atteignait presque les 90 % dans l’EDS de 1988, ce qui indique clairement que les méthodes disponibles sont un peu plus variées. L’utilisation du préservatif a augmenté, passant d’environ 1 % des couples à près de 6 % aujourd’hui. À l’échelle nationale, l’usage le plus important de la contraception est enregistré dans le nord du pays, puis diminue progressivement à mesure que l’on va vers le sud ; les méthodes traditionnelles sont également un peu plus courantes dans le sud. Le nombre d’utilisatrices de méthodes modernes de contraception ayant recours au DIU est également plus faible dans le sud du pays.

L’importance de visites de contrôle régulières pendant la grossesse est clairement établie pour la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que pour la détection de tout problème éventuel risquant de se produire au moment de l’accouchement. Des visites de contrôle mensuelles sont recommandées et, bien que le Vietnam soit loin d’avoir atteint cet objectif, une tendance encourageante à la hausse ressort des donnés fournies par le Ministère de la Santé. Le nombre de visites prénatales a doublé depuis 1992, où elles n’étaient à peine que d’une ou deux en moyenne.

L’existence de services médicaux qualifiés pour l’accouchement est, elle aussi, essentielle pour la santé de la mère et de son enfant. Au Vietnam, trois quarts à peine des naissances se déroulent en présence d’un agent de santé qualifié. Environ un quart des accouchements se font en présence d’un médecin, et 50 % de plus en présence d’une infirmière, d’une sage-femme ou d’un assistant médical. Environ six naissances sur 10 se déroulent dans une installation médicale, mais la grande majorité des accouchements qui se déroulent à domicile ou ailleurs demeure une source de préoccupation sérieuse.

Au Vietnam, les services d’avortement, y compris de régulation du cycle menstruel, sont facilement disponibles dans les installations publiques et privées. Il se dégage clairement des informations provenant des enquêtes que les femmes au Vietnam ont souvent recours à l’avortement en raison de l’insuffisance de moyens contraceptifs et de l’échec de méthodes contraceptives. Selon les estimations, chaque femme au Vietnam aura en moyenne 1,3 avortement pendant son existence. Les taux d’avortement varient de manière considérable d’une région à l’autre, les taux les plus élevés observés par l’EDS de 1997 étant enregistrés dans le nord du pays.

Le nombre d’avortements déclarés par le Ministère de la Santé diminue régulièrement depuis les années 1990 et, en 2000, les chiffres représentaient la moitié de ceux déclarés huit ans auparavant. Il est évident que la réduction du nombre d’avortements, qui est bénéfique pour la santé reproductive des femmes, est le résultat direct d’une augmentation de l’utilisation des contraceptifs et donc de la réduction du nombre de grossesses non planifiées. Cependant, ces données ne prennent pas en compte les nombreux avortements effectués en privé, qui sont souvent une forme d’interruption de grossesse à laquelle recourent les femmes célibataires plus jeunes.


Figure 3
Taux d’avortement total au Vietnam, 1997

Source : Enquête démographique et de santé de 1997.


Exode rural

Le rythme de l’urbanisation au Vietnam s’est fortement accéléré au cours des 10 dernières années après une période de croissance modeste de 1979 à 1989. Ces pourcentages dissimulent toutefois la croissance de la population urbaine. En effet, entre 1979 et 1999, cette dernière est passée de 10,1 millions à 18,1 millions. Et bien qu’une urbanisation rapide puisse être source de nouveaux défis dans les villes en termes des services d’hébergement et de transport, elle représente souvent un indicateur essentiel du développement économique ainsi que l’un des facteurs y contribuant. Le Vietnam demeure toutefois rural lorsqu’on le compare à d’autres nations de l’Asie du Sud-Est.

À mesure que le développement du Vietnam se poursuit, les populations rurales seront attirées vers les zones urbaines et les nouvelles régions économiques. Sur une base régionale, le schéma des mouvements de migration est resté relativement constant, comme le confirment les recensements de 1989 et de 1999. Seules deux régions ont enregistré un apport net d’immigrants : le sud-est et les plateaux du centre du pays. Dans l’ensemble, l’on a enregistré un mouvement net constant de travailleurs migrants du nord vers le sud du pays.

L’examen des données sur les migrations par province fournit une image plus précise de la direction des mouvements de migration. Quatre régions sont clairement les plus attrayantes pour les migrants : les régions urbaines de Ho Chi Minh Ville, Hanoi et Da Nang, et la région des plateaux dans le centre du pays. Ho Chi Minh Ville à elle seule a reçu un apport net de plus de 400.000 migrants entre 1994 et 1999, mais les provinces voisines, telles que Binh Phuoc, Ba Ria-Vung Tau et Dong Nai, attiraient elles aussi de nombreux nouveaux habitants. Par contraste, les provinces proches de Hanoi, la seule province du fleuve Rouge à attirer les travailleurs migrants, n’ont pas enregistré un apport net de migrants.

En raison en partie de l’allongement de la durée de vie, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus a enregistré une augmentation remarquable. En 1979, le nombre de personnes âgées était de 3,7 millions, soit 6,7 % de l’ensemble de la population. Ce chiffre a atteint les 4,6 millions en 1989, puis les 6,2 millions en 1999, soit 8,1 % de la population totale. Presque 60 % des personnes âgées sont des femmes, et les quatre cinquièmes de cette population résident dans les zones rurales.

C’est dans la région du delta du fleuve Rouge que se trouve le plus fort pourcentage de population âgée. Six des huit provinces (Hai Duong, Hung Yen, Ha Nam, Nam Dinh, Thai Binh, Ninh Binh, Ha Tinh et Quang Nam) ayant les plus forts pourcentages de personnes âgées (10 % et plus en 1999) se trouvent en effet dans cette région.

Vieillissement de la population

Bien que l’état de santé des personnes âgées se soit nettement amélioré au cours des dernières décennies, cela reste l’une de leurs principales préoccupations. Dans l’Enquête de 1999 sur les conditions de vie des personnes âgées, le pourcentage de ces personnes se déclarant en bonne santé était de 17,3 % pour le groupe des 60 à 64 ans et de 4,7 % à peine pour le groupe des 75 ans et plus. Pour sa part, le pourcentage de personnes âgées se déclarant en mauvaise santé était de 26,2 % et de 63,7 % pour ces mêmes tranches d’âge.

Le respect des personnes âgées est une des valeurs traditionnelles fondamentales du Vietnam. Les personnes âgées ont un rôle important à jouer, et elles contribuent de manière considérable au développement de la communauté grâce à leur expérience et à leurs compétences. Le gouvernement accorde la plus grande attention aux soins des personnes âgées, comme le reflètent clairement de nombreux textes de loi. La Constitution de 1992 stipule que “les parents sont responsables d’éduquer leurs enfants pour en faire de bons citoyens. Les enfants sont tenus de témoigner du respect à leurs parents et à leurs grands-parents et de veiller à leur bien-être” (Article 64). “Les personnes âgées ou handicapées et les orphelins sont pris en charge par l’État et la société” (Article 87). Selon les dispositions de la Loi sur la protection de la santé des personnes, “il convient de donner la priorité aux personnes âgées en matière de soins de santé et de leur donner l’occasion d’apporter à la société des contributions proportionnelles à leur état de santé général” (Article 41).

Depuis son établissement en mai 1995, l’Association vietnamienne pour les personnes âgées (Vietnam Association of the Elderly) a enregistré une croissance rapide ; elle compte 6 millions de membres et a intensifié ses activités dans toutes les communautés. Dans le but de promouvoir davantage les rôles des personnes âgées et de renforcer les soins qui leur sont fournis, l’Ordonnance sur le Troisième Âge a été approuvée par l’Assemblée nationale le 28 avril 2000. C’est la toute première fois qu’une politique aussi complète traitant des questions du troisième âge est promulguée au Vietnam.

Égalité entre les sexes et émancipation économique des femmes

La condition et l’égalité des femmes au Vietnam se sont nettement améliorées, de concert avec les acquis socio-économiques généraux attribuables aux réformes du milieu des années 1980. Les femmes sont maintenant presque au même niveau que les hommes en termes d’alphabétisation, ce qui constitue une amélioration remarquable par rapport au passé, où deux tiers seulement des femmes âgées de 50 ans et plus savaient lire et écrire.

Il convient de mettre en particulier l’accent sur les efforts déployés dans le domaine de la santé reproductive des femmes depuis 1994. Ils ont en effet donné lieu à une amélioration marquée de plusieurs indicateurs importants de la santé reproductive des femmes. La participation masculine à la planification familiale demeure toutefois assez limitée. Le nombre de stérilisations masculines reste nettement inférieur à celui des stérilisations féminines (0,5 % contre 6,3 %, selon l’EDS de 1997). C’est pourquoi la Stratégie nationale en matière de population pour 2001-2010 mentionne l’égalité entre les sexes comme étant un facteur important pour une fécondité de niveau de remplacement, une amélioration de la qualité de la vie et un développement durable.

L’inégalité entre les sexes demeure toutefois une réalité à bien des niveaux. En dépit des taux élevés d’alphabétisation des femmes, leurs niveaux d’éducation restent inférieurs à ceux des hommes et la disparité s’accentue aux niveaux supérieurs de la scolarité. Le pourcentage de femmes âgées de 15 ans et plus qui ne sont jamais allées à l’école est près du triple de celui des hommes.

La participation des femmes à la population active rémunérée est comparable à celle des hommes, et elle dépasse les 80 % pour les femmes de 20 à 30 ans. Le graphique indique clairement que, lorsqu’une femme commence à travailler au Vietnam, sa participation à l’activité économique demeure continue et n’est pas interrompue par ses activités familiales. En plus des femmes qui participent aux activités économiques rémunérées, nombreuses sont celles qui déclarent le “travail au foyer” comme une activité majeure. Les fillettes semblent aussi arriver sur le marché du travail avant les garçons, sans doute parce qu’elles abandonnent leur scolarité plus tôt.

Au cours des ans, les écarts entre hommes et femmes en termes de niveau d’éducation ont nettement diminué. Au sein des populations de 55 ans et plus, les hommes sont en général cinq fois plus nombreux à posséder un diplôme, mais au sein des groupes plus jeunes, le taux applicable aux hommes ne représente plus qu’une fois et demi celui des femmes. En effet, le niveau d’égalité entre les hommes et les femmes au sein de la société vietnamienne et de la population active a souvent été observé. Malgré l’amélioration de ces taux d’éducation pour les moins de 55 ans, il y a cependant peu d’indications que l’écart entre les sexes continue à se rétrécir. Il est intéressant de noter que, malgré la quasi-égalité entre hommes et femmes au sein du groupe d’âge le plus jeune (15 à 49 ans), l’avantage masculin va sans doute augmenter avec l’âge dans la mesure où les hommes ont un avantage très net en termes de niveaux d’éducation universitaire de deuxième et de troisième cycle.

Cet avantage se fait également sentir au niveau des revenus comparés des hommes et des femmes. Selon les résultats des enquêtes, les revenus des hommes sont généralement une fois et demie plus élevés que ceux des femmes.

Bien que les femmes aient atteint une plus grande égalité avec les hommes au sein de la population active, ceci ne s’accompagne pas toujours d’une égalité en termes de rémunération. Cette question est extrêmement complexe, en raison des types de carrière que les hommes et les femmes tendent à poursuivre, des diplômes acquis, du travail à temps complet ou à temps partiel et du fait que les hommes occupent traditionnellement des postes plus élevés.

Les femmes non seulement représentent une part pratiquement égale de la population active, mais aussi elles ont acquis une présence croissante dans les affaires nationales. Le Vietnam a maintenant le pourcentage le plus élevé de femmes membres du parlement en Asie. À la fin des années 1990, les femmes représentaient 26 % de l’Assemblée nationale et près de 90 % d’entre elles avaient un niveau d’éducation supérieur.

Questions liées à l’environnement

Le Vietnam a une superficie totale de 329.241 km2. La densité de population est passée de 160 personnes au km2 en 1979 à 195 en 1989 et à 232 en 1999. Cette densité est à son niveau le plus élevé dans la région du delta du fleuve Rouge (1.136 personnes au km2) et le plus faible dans le nord-ouest du pays, avec seulement 62 personnes au km2. La superficie de terres agricoles par habitant est passée de 0,25 hectares en 1943 à 0,10 hectare en 1995.

L’accélération de la croissance démographique, de la migration et de l’urbanisation au Vietnam fait peser de nouvelles pressions sur l’environnement, en particulier du fait des modes d’occupation des sols, de l’exploitation des forêts et de l’épuisement des ressources en eau. Selon les estimations, le couvert forestier en 1943 représentait 43 % du pays. Aujourd’hui, le couvert forestier naturel représente environ 28 %, soit environ 9,4 millions d’hectares. Chaque année, un volume important du couvert forestier naturel est détruit par diverses activités, telles que l’abattage illégal et les incendies de forêt. Cependant, les programmes de reboisement lancés il y a plusieurs années ont permis un gain net du total du couvert forestier. Mais les pratiques antérieures de déboisement et de chasse illégale ont provoqué la disparition de nombreuses espèces de mammifères et de plantes.

Un approvisionnement en eau provenant de sources sûres est un besoin fondamental des êtres humains. En 1999, près de 80 % de la population avaient accès à des sources d’eau saines, ce qui représente un progrès considérable en matière de santé publique. Cependant les disparités d’une province &à