(2011 août) La santé sexuelle et reproductive couvre la santé et le bien-être au niveau des questions liées aux rapports sexuels, aux grossesses et aux naissances. Elle traite des aspects les plus intimes et privés de la vie des gens, en faisant un thème sur lequel il est difficile d’écrire et de discuter en public. En conséquence, les nombreuses questions relatives à la santé sexuelle et reproductive sont souvent méconnues du public. Par ailleurs, les sensibilités culturelles et les tabous entourant la sexualité empêchent souvent les gens de s’informer sur la santé et les soins en matière de santé sexuelle et reproductive, rendant difficile pour les gouvernements de traiter ces questions.

Pourtant, la santé sexuelle et reproductive a un impact considérable sur le développement économique et social des pays. Lorsque les femmes meurent après l’accouchement ou en raison du sida, les enfants sont orphelins. Lorsque les filles doivent prendre en charge leurs frères et soeurs, elles abandonnent l’école. Sans perspectives d’éducation, les filles se marient et commencent à avoir des enfants plus tôt, ce qui peut compromettre leur santé et limiter leurs possibilités de contribuer au développement et à la productivité de leurs communautés et de leurs pays.

Le rôle des médias est crucial pour attirer l’attention des personnes qui ont les moyens d’influencer les politiques de santé publique. Il s’agit des représentants et du personnel des autorités publiques ; des dirigeants des organisations non gouvernementales, y compris des groupes de femmes et des groupes religieux ; des universitaires et des experts de la santé ; et des défenseurs de la santé et d’autres leaders d’opinion.

Bon nombre de ces personnes influentes lisent les journaux et écoutent les informations télévisées au quotidien, se faisant ainsi leur propre opinion. Il arrive même qu’une seule dépêche incite un décideur à agir. Plus souvent, cependant, un flux continu d’informations est nécessaire pour éduquer les différents publics sur ces questions et éclairer les débats de politique publique. Les journalistes qui peuvent écrire et parler en connaissance de cause sur la santé sexuelle et reproductive peuvent contribuer à améliorer les politiques publiques.

Les journalistes qui rédigent des rapports exacts et opportuns sur les questions de santé sexuelle et reproductive contribuent à :

  • Parler ouvertement des sujets tabous afin que ceux-ci puissent être discutés.
  • Contrôler les progrès accomplis par leurs gouvernements vers la réalisation des objectifs énoncés et demander aux représentants du gouvernement de rendre des comptes au public.

Ce guide vise à aider les journalistes à éduquer le public et les décideurs politiques sur ces questions, en regroupant les données les plus récentes disponibles sur la santé sexuelle et reproductive dans neuf pays francophones d’Afrique occidentale : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo. Le contenu et les données provenant de sites web étaient en ligne au 30 avril 2011. Des données supplémentaires sont incluses pour les pays qui ont publié des Enquêtes démographiques et de santé plus récentes (EDS).


Deborah Mesce est directrice du programme International Media Training, PRB. Karin Ringheim est conseillère politique principale, PRB.