(Octobre 2012) Bien que l’utilisation de la planification familiale est en hausse dans la plupart des pays en développement, Afrique de l’Ouest est à la traîne. Les taux de fécondité entre les pays francophones de la région restent élevés, avec une moyenne de 5,5 naissances par femme. En plus, 28 pour cent des femmes en âge de procréer ont un besoin non satisfait de planification familiale—l’un des taux les plus élevés de toutes les régions du monde.

Le rapport récemment publié—La Planification Familiale: l’Afrique de l’Ouest en mouvement—est un appel à l’action, élaboré par les membres du Partenariat de Ouagadougou et d’autres experts en matière de planification familiale de l’Afrique de l’Ouest francophone. Le rapport présente les principaux domaines d’investissement pour stimuler le progrès sur la planification familiale dans la région, et fournit des recommandations pour renforcer des services, mobiliser la volonté politique, et coordonner des ressources et des activités. Le rapport est également conçu comme un outil de plaidoyer pour les décideurs de haut niveau, des représentants gouvernementaux, des parlementaires, la société civile, des dirigeants de la communauté et des autres partenaires potentiels.

Capitalisant sur l’élan de la Conférence de Ouagadougou

En février 2011, la conférence de Ouagadougou, « Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest : l’urgence d’agir », a rassemblé les représentants de huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo). La Côte-d’Ivoire a rejoint l’initiative plus tard. Les délégations nationales sont arrivées à un consensus important, toutes s’accordant sur la nécessité de prendre des mesures concrètes pour accroître l’utilisation de la planification familiale dans leurs pays respectifs. Par ailleurs, à la conclusion de la conférence, les participants ont lancé un appel à l’action à travers la Déclaration de Ouagadougou (voir Encadré).

Un engagement similaire a été pris par les partenaires techniques et financiers pour soutenir la planification familiale dans la région. Piloté par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le gouvernement Français, le partenariat comprend l’Agence Française de Développement, le Ministère français des Affaires Étrangères et Européennes, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlett, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, la Banque Mondiale, la Fondation David et Lucile Packard, la Banque Africaine de Développement, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Coopération Allemande au Développement/KFW et GIZ, et la Commission Européenne, entre autres.


Declaration de Ouagadougou

  1. Intégrer systématiquement les questions de population, de même que la santé reproductive et la planification familiale, dans les plans nationaux de développement et dans les stratégies pour la croissance et la réduction de la pauvreté ;
  2. Accélérer la mise en œuvre des stratégies nationales en matière de santé reproductive et de planification familiale en vue de répondre aux besoins non satisfaits exprimés par les populations, dans le cadre des bonnes pratiques identifiées à la conférence de Ouagadougou ;
  3. Diffuser, de manière continue, des messages culturellement adaptés sur les questions démographiques et la planification familiale en vue de promouvoir des changements majeurs dans les mentalités et les comportements en matière de procréation, en mettant l’accent sur la qualité de vie ;
  4. Augmenter de 30 % le nombre de professionnels de santé formés et autorisés à offrir la gamme des services de planification familiale et de santé reproductive ;
  5. Assurer une augmentation régulière de la contribution des budgets nationaux à la prise en charge des coûts des produits contraceptifs ;
  6. Assurer de façon régulière, le suivi-évaluation des actions et des mesures mises en œuvre afin de garantir la réalisation de l’objectif visant à réduire, d’ici à 2015, le taux de mortalité maternelle et le niveau des besoins non couverts en planification familiale d’au moins 25 % pour l’ensemble de la région francophone d’Afrique de l’Ouest ;
  7. Relever l’ancrage institutionnel de la planification familiale dans le but d’un engagement de haut niveau.